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La vie de Julie

(extrait du livre "PONEYS" de Louis de Pas édition Robert Laffont)

5ème épisode : Je deviens célèbre

Je devins une belle pouliche en âge d'être montée. Thierry eut beaucoup de mal avec moi, je refusai le licol, la bride, la longe. Tout me faisait peur, je voulais garder ma liberté. Rien n'y fit, il voulut à tout prix réaliser le rêve qu'il m'avait chuchoté à l'oreille dans le camion, lors de notre première rencontre: "Un jour, je galoperai sur ton dos."

Je finis par céder. Je vous dirais que je fus bien obligée, car Grand Louis et Thierry étaient aussi têtus l'un que l'autre, je n'avais aucune chance de leur échapper, malgré mes rodéos et ma mauvaise volonté.

Lorsque je mettais trop souvent Thierry par terre, Grand Louis me sautait dessus, ses jambes traînaient par terre, il me serrait très fort, m'obligeait à avancer, à lui obéir. Il me fatiguait tellement que je préférais rester tranquille et garder Thierry sur mon dos.

Je devins rapidement une jument célèbre, un claquement de langue, une caresse de Thierry et je m'envolais littéralement. J'aimais les longs galops, le vent qui siffle aux oreilles, nous étions heureux tous les deux à ces instants-là.

Inés, sa soeur aînée, avait quitté depuis longtemps sa Mandy chérie, qu'elle avait dressée avec bien du mal aussi puis donnée à sa petite soeur Guilaine, car elle était maintenant trop grande pour la monter. Sur sa jument Belle, elle nous entraînait, Thierry et moi. Je galopais sans cesse, tous les jours, pour avoir plus de souffle. Derrière Bella, j'avais de la boue plein les yeux, et par temps sec, la poussière m'étouffait, me remplissait les naseaux.

J'arrivais à tenir trois kilomètres d'affilée dans la grande allée du bois, depuis les Longs Fonds jusqu'au chemin des Lutins en passant par la cabane de la Sorcière.

Grâce à cet entraînement intensif, je gagnais tous les concours, je sautais leurs petits obstacles ridicules en hennissant de joie et je fus bientôt sacrée championne d'Europe, des Shetland évidemment. Avec Thierry, on ramassait plein de coupes et de prix. Tout le monde voulut m'acheter, mais grand Louis ne voulut jamais me vendre. Heureusement pour moi et pour Thierry! J'avais entendu dire qu'Olivier, son frère aîné, avait une jument nommée Fanny, que lui seul pouvait monter, tellement elle était difficile.Eh bien, son père l'a vendue, disant qu'il ne pouvait garder un cheval que personne d'autre qu'Olivier ne pouvait monter, cela lui coûtait trop cher! Vous me croirez si vous voulez, après la vente de Fanny, Olivier ne dit rien, il garda son chagrin pour lui et pour Fanny. Il ne voulut plus jamais avoir de cheval à lui, il avait trop peur de le perdre, comme Fanny. Les hommes ne comprendront jamais rien à nos sentiments.

Nous avons un coeur comme eux, nous sommes capables d'aimer terriblement nos petits maîtres. Il n'y a qu'à voir comme nous sommes tristes lorsqu'ils nous quittent. Ne le voyez-vous pas dans nos yeux?


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