Bienvenue à la Ferme Equestre de Bois Guilbert


Pour nous écrire

La vie de Julie

(extrait du livre "PONEYS" de Louis de Pas édition Robert Laffont)

6ème épisode : Mes toilettes

Montroisième hiver à Bois Guilbert a été magnifique. la neige est restéetrès longtemps. Je me demandais si le paysage était aussi beau enEcosse. Avec mes sabots, je grattais la neige à la recherche des herbessèches que j'avais dédaignées à l'automne. J'étais bien contente de lesretrouver maintenant.

On nous apportait de la paille, des betteraves, de l'ensilage de maïs, dufourrage. La vraie vie de château et servies à domicile s'il vousplaît! Mandy et moi avons toujours refusé leurs betteraves et leurensilage de maïs, nous préférions maigrir, notre instinct sans doute?Toujours est-il que certaines de nos copines en mangeaient tellementqu'elles eurent des indigestions terribles, certaines même enmoururent. J'adore le fourrage, il sent bon les fleurs, les feuillesséchées, les tiges pleines de saveur, la chaleur du soleil. Hélas! onn'en a plus souvent ici avec ce maudit ensilage de maïs!

J'étaissuperbe avec mes longs poils d'hiver qui brillaient au soleil. J'avaisl'air d'un gros nounours. Je ne pouvais m'empêcher de m'admirer, en meregardant dans l'abreuvoir ou la rivière les jours de grande lumière.L'eau reflétait mon image, je ne me reconnaissais plus avec cettecrinière qui ne cessait de pousser. Ce miroir insolite me rendaitcoquette et lorsque je me trouvais trop ébouriffée, j'allais trouverMandy et nous faisions notre toilette pendant des heures.Vinrent lesjours de grand gel de février. Nous étions obligées de casser la glaceavec nos sabots pour arriver à boire. Je la suçais avec délice et yentretenais un petit trou pour arriver jusqu'à l'eau.

Une vie de poney!Vous dites bien une vie de chien! Ne nous plaignez pas! J'adore cettesaison froide et sèche où le vent d'est fait onduler ma queue et macrinière. Il me met très en valeur, très dans le vent comme vous dites!

Hélas!tout a une fin et avec les premières chaleurs d'avril je transpirais,j'étais mal à l'aise et toute triste, car tous mes beaux poils secollaient ensemble. Je les arrachais avec rage pour essayer de lesenlever. J'avais honte, j'étais vraiment moche! On aurait dit quej'avais la gale. J'étais en loques! Heureusement, Thierry arracha une àune les touffes feutrées que je n'arrivais pas à atteindre avec mesdents.

C'estainsi que je perdis tout à fait mon "over coat", pardessus en français.La nature me l'avait donné, elle me le reprenait au printemps, aveccette chaleur j'étais bien contente. Fin mai, j'étais méconnaissableaprès un mois d'herbage. Un poil lisse et fin, très doux, brillantcomme la soie recouvrait mon corps. Toute maigreur avait disparu,Mandydisait que je ressemblais au pur-sang de Grand Louis. J'avais enfilé marode de mariée, ma crinière était mon voile, ma queue était ma traîne.Je n'avais jamais été aussi belle!

La nature est gentille, à chaque saison ellenous habille différemment.


Ferme Equestre de Bois Guilbert
1001 route d'Héronchelles 76750 Bois Guilbert (Haute-Normandie)    -    tél : 02 35 34 42 51
poney-club - ferme pédagogique - Colonie poney - classe découverte - collège Equestre - gîte de groupe
Ecole Française d'équitation affiliée à Bienvenue à la Ferme et à Gîtes de France