Bienvenue à la Ferme Equestre de Bois Guilbert


Pour nous écrire

La vie de Julie

(extrait du livre "PONEYS" de Louis de Pas édition Robert Laffont)

7ème épisode : Mes premières amours

Quese passe-t-il en moi? Je me sens toute drôle, inquiète, nerveuse. Jem'excite pour rien et cours après tout le monde! Nous sommes toutescomme cela d'ailleurs! Est-ce à cause du printemps?

GrandLouis avec Jacques, le contremaître, nous met par petits lots.Heureusement, au dernier moment, il se rappelle que Bijou, Mandy etmoi, nous voulons être ensemble. J'apprécie. Nous nous retrouvons avecune quinzaine de juments dans un herbage bien isolé, avec un étalonalezan crins lavés de toute beauté qui se nomme Radar.

Nousavons à peine le temps de l'admirer que déjà il galope autour de nous,nous rassemble, en ondulant de la tête et de l'encolure d'une drôle demanière, comme un serpent. J'ai l'impression de voir Gipsy, le chienberger de Guilaine, pousser les moutons du Grand Louis.

Amoitié terrorisées, nous restons immobiles dans le coin où il nous apoussées. Il vient nous sentir et nous renifler une à une. Quelle drôlede façon de faire connaissance!

Tousles vingt et un jours, un attrait irrésistible me pousse vers lui. Levétérinaire dit que je suis en chaleur, féconde si vous voulez. Pendantcette période, Radar est très gentil avec moi. On se lèche beaucoup etje me laisse faire, je reste tout le temps avec lui. C'est ainsi que jefus saillie et qu'il déposa une graine de petit poulain dans monventre. J'étais heureuse à l'idée d'en avoir un comme mes aînées.Serait-il aubère comme moi, ou alezan crins lavés comme Radar? On verrabien dans onze mois... que c'est long!J'aurais tellement voulu l'avoirtout de suite!

Unjour, Triumph, un bel étalon noir, cassa les clôtures de son pré et ilarriva dans le nôtre avec tout son harem. Vous ne pouvez pas savoir laforce qu'ils ont lorsqu'ils sont jaloux! Pourquoi voulait-il prendrecelles de Radar?

Jesentais qu'il y avait de l'orage dans l'air. Chacun d'eux rassembla sesfemelles à chaque coin de l'herbage, en tournant autour de nous.Affolées, nous restions immobiles, la peur me clouait sur place. Jecompris à cet instant pourquoi nous étions toujours regroupées etsurveillées. L'étalon a instinctivement peur d'un concurrent éventuel,il reste très jaloux de son troupeau.

J'allaisassister malgré moi a plus beau combat d'éalons de ma vie. Et toutcela pour moi! J'étais très fier! Debout, ils se tapaient avec leursantérieurs, à coups de sabots, comme des boxeurs. Puis, ils semordaient, essayant de se castrer mutuellement avec leurs dents, pourrendre l'adversaire stérile et l'empêcher d'avoir des petits.

Leurscorps étaient couverts de blessures, ils se couchaient presque pouréviter les prises dangereuses. Entre deux "rounds", ils galopaient àtoute vitesse vers leur troupeau respectif, avec un air menaçant.J'avais bien compris les ordres et je restais sagement sur place. Je nesuis pas idiote!

Heureusement,j'entendis au loin un bruit de moteur. C'était la land-Rover deGrand-Louis. Il en sortit précipitamment, un fouet à la main. Avec degrands claquements de lanière, il força Triumph à regagner son herbage,suivi de ses femelles. Fier, il roulait des yeux terribles, la têterelevée, orgueilleux, il n'était pas vaincu!

Envieillissant, au cours des années, j'appris à mieux les connaîtreencore. Je n'étais pas toujours avec le même. Radar me plaisaitbeaucoup, il était très beau et avait gagné le championnat suprême àParis, c'est-à-dire qu'il était le premier de tous les premiers. Maisc'était Grand Louis qui décidait avec lequel nous irions.

Ilsavaient tous la manie de faire leurs crottins toujours à la même place,devant la barrière de l'entrée, puis ils s'isolaient à vingt mètres denous, comme pour mieux surveiller. Ils marquaient leur territoire decette façon. Il valait mieux que les autres le sachent, autrementattention!

Une demes amies, Yoyo, ne plaisait pas à Triumph. Pourquoi? Je n'en saisrien. Toujours est-il que la pauvre fut isolée du troupeau et quechaque fois qu'elle voulait aller à l'abreuvoir il l'en empêchait,menaçant. Pauvre Yoyo! Nous étions tristes pour elle, mais quepouvions-nous faire? Elle se mit à maigrir, nous étions en juin. Commeil faisait très chaud, elle était assoiffée. Nous avons besoin d'aumoins dix à quinze litres d'eau par jour, autrement nous dépérissons.

Cefut Isabelle, la grande soeur de Thierry, qui découvrit le manège del'étalon, car elle était très triste de voir dépérir sa jument Yoyo.Elle resta des heures assise sur le talus à nous observer de loin.Grâce à elle, Yoyo fut sauvée. Ils sont tout de même rudement gentils,les enfants!


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