Bandeau superieur

Bienvenue à la Ferme Equestre de Bois Guilbert


Pour nous écrire

la galopade

"En route !" déclare papa en pénétrant dans la "Land Rover". Nousl'attendons déjà, assis à l'arrière, regardant Pirouette balayer de saqueue quelques brides oubliées. Elle ne manque jamais un départ ;ainsi, elle ne se fatigue pas et peut admirer à son aise le paysage où,de temps en temps, apparaît, en un éclair, un lièvre. Mais la voiturene court pas après les animaux et Pirouette doit sans doute regretter,alors, de ne pouvoir courir librement dans la campagne.

Pour le moment, la "Land Rover" démarrant, elle pose ses petites pattessur le rebord de la porte afin de mettre sa tête à l'extérieur. Thierryse tourne vers papa et demande:

"Est-ce qu'on fait le tour du bois pour voir tous les nouveau-nés?&emdash;Oui, j'ai mis des poneys dans toutes les clairières."

Je souris en regardant Inès, son amie Marie-Hélène et les deux autressauter sur leur siège et toucher presque le plafond alors que la "LandRover" s'enfonce en cahotant dans une ornière.

Pirouette bascule presque à l'extérieur. Papa accélère et la voiture pénètre dans un chemin entouré de tous côtés par des champs de blé. Ils ondulent au vent, blancs et dorés sous la caresse d'un dernier rayon de soleil.Soudain, de cette mer qui reculera bientôt sous la commande d'unmonstre conduit par les hommes, surgit un faisan qui s'enfuit dans lesairs, apeuré par le grondement de la "Land Rover". Bientôt le moteurs'arrête, et nous descendons.

Le silence, troublé de temps en temps par un cri d'oiseau ou le craquementd'une branche, enveloppe la forêt. Les poneys nous entourent.

Pirouette se place au milieu d'eux et aboie de toutes ses forces en essayant deleur mordre les mollets. "Suffit!" crie Thierry. "Méchante, tu esjalouse et tu les ennuies, alors que l'on s'occupe de toi toute lajournée." La petite chienne baisse la tête, mais, désirant attirerl'attention de l'enfant ainsi que le faisaient les poneys, elle attrapequelques brins d'herbe du bout de ses dents, afin de les imiter.Thierry ne peut s'empêcher de rire et, pris de remords, la caresse.

Mais cette visite aux poneys se termine. "Dépêche-toi, nous repartons" luicrie Guilaine. "Nous devons encore passer par le lot des poulains."

«Au revoir, Julie", chuchote Thierry en enfouissant sa petite tête blondedans l'épaisse crinière dorée de sa ponette. "Demain, je t'emmèneraifaire une grande promenade dans un endroit où il y aura de l'herbedélicieuse et une petite rivière." Après lui avoir embrassé le front,il dévale la pente en courant, suivi par quelques poneys qui s'arrêtentbientôt.

La Land Rover" repart dans un nuage de poussière. Pirouette court derrière,mais ne peut nous rattraper. «Tant pis ! déclare Guilaine, ça luigardera sa ligne."

La voiture s'engage dans une allée brodée de boutons d'or; la capote de la"Land Rover" a été relevée et les branches basses des noisetiers nousgiflent au passage. Soudain, Guilaine demande à papa: "Oh, s'il teplaît, arrête ici, Pirouette n'en peut plus; elle n'arrive presque pasà nous suivre et nous regarde d'un air suppliant." Papa freine ensouriant et Marie-Hélène attrape la petite chienne haletante. Nousrepartons joyeusement.

"Attention! déclare papa, cramponnez-vous, on va prendre la grandemontée.&emdash;Est-ce que je peux descendre ?" demande Guilainetimidement. Mais, déjà, papa appuie sur l'accélérateur et la "LandRover" commence à grimper péniblement. Je regarde en bas; la pente mesemble très raide; pourvu que l'on arrive en haut ! Je vois Guilainequi passe sa main sur ses yeux. Papa accélère encore un peu, la voituresemble faire un bond et hop! on est en haut.

Nous arrivons maintenant dans une allée de sapins assez espacés les uns desautres pour laisser apercevoir des clairières à l'herbe haute oùbientôt viendront brouter les poneys. "Je vois la cabane !" s'exclameGuilaine. Papa accélère jusqu'à la cabane, dans cette allée que nousprenons si souvent au grand galop, et freine juste devant.

A peine arrêtée, Guilaine saute à terre, pénètre dans la cabane et passe sa tête par la petite fenêtre en bois en nous interpellant.

Cette petite chaumière, où les chasseurs, auparavant, se reposaient après unegrande course dans les bois, ressemble à celle de Blanche-Neige.Thierry dit, taquin: "Attention, la sorcière va bientôt t'attraper!"Guilaine grimpe en riant sur la petite fenêtre et saute à terre aumilieu des ronces.

Un petit poulain, caché derrière la cabane, la regarde d'un petit airétonné. Guilaine lui parle doucement et s'approche de lui à quatrepattes. Le poulain, de plus en plus intrigué, recule d'un pas; Guilainelui parle toujours d'une voix douce afin de le mettre en confiance. Leponey se laisse charmer et s'approche, hésitant. Guilaine le touchepresque du bout de son doigt; il avance encore un tout petit peu etessaye de renifler les cheveux de la petite fille qui se laisse faireen riant. Mais son rire effraie le poulain qui rejoint sa mère engalopant.

Désappointée,I'enfant revient à la "Land Rover". La voiture s'engouffre dans uneallée bordée de sapins de tous côtés, et qui paraît aussi obscure qu'untunnel. "Je passe voir les chevaux, puis on revient", dit papa. Nousatteignons le "Pas de Cheval".

Les chevaux, groupés autour de l'abreuvoir, se chassent mutuellement leursmouches en balançant la queue. En nous apercevant, ils hennissent maisne modifient pas leur position.

"Comme ils sont jolis!" s'exclame Guilaine. "Comme j'aimerais les voirgaloper dans le champ, crinière au vent!" dit-elle rêveuse, encaressant Ariane, une jument alezane. "Tu veux que nous les montions,Inès ?" proposai-je, brûlant d'envie de faire un galop dans ce champoù souffle une petite bise. "Les brides sont dans la "Land Rover",répond Inès. "C'est une bonne idée. D'ailleurs, les chevaux paraissentassez calmes. Ils se dégourdiront les jambes. Je crois que le soleilles a rendus complètement amorphes."

"Je les ai!" crie Thierry qui n'a pas perdu son temps et ramène déjà les brides en courant.

Inès et moi nous emparons chacune d'un filet et l'enfilons à nos chevaux.Inès oblige Fanny à relever la tête; celle-ci s'amuse à remuer sonmuseau dans l'abreuvoir en s'éclaboussant.

"Tu es préte pour le galop ?" me demande sa cavalière. "Oui", dis-jeen caressant Rumba qui, sentant que je la lancerai bientôt, trottinesur place et mâchonne son mors nerveusement.

"Allez-y!" crie Thierry.

Nous sommes déjà parties au petit trot et les amenons à l'extrémité du champafin de le survoler en entier dans ce galop. Arrivés à la barrière, noschevaux n'attendent pas le coup de talon et partent déjà dans unecourse folle. Ils ne paraissent plus nous sentir et, sans que nousarrivions à les retenir, galopent éperdument, droit devant eux.

Le vent siffle à mes oreilles, je n'ai plus aucune notion ni du temps nide l'espace; je ne pense plus à rien, la vitesse me grise, fait jaillirdes larmes de mes yeux. Il me semble que je m'envole, que mon cheval meporte sur des ailes, galope de plus en plus vite. J'aperçois comme àtravers un voile Inès, devant moi, emportée elle aussi dans cettecourse effrénée.

Un bruit sourd bourdonne dans mes oreilles, je ne peux réfléchir et nesais ce qui arrive quand, brusquement, les autres chevaux restés libresdans le champ, grisés aussi par la vitesse, rejoignent nos deuxmontures dans ce galop qui semble infini.

Ils arrivent de l'autre bout du champ et sont maintenant à quelques mètresde Fanny; je les aperçois indistinctement; soudain : "Maisqu'arrive-t-il ? Que se passe-t-il ? Non, je dois vivre un cauchemar,je vais bientôt me réveiller et serai en sécurité dans mon lit."

Mais je ne me réveille pas et ce que je vois est réel. Un cri m'échappe: "Inès!"

Je freine Rumba en me répétant: "En arrière !", je saute à terre et meprécipite vers Inès. Un cheval a coupé la route de Fanny et l'aentraînée avec lui dans une chute vertigineuse. Inès a roulé avec Fannyet gît maintenant inanimée au sol. Quelle horrible réalité!

Je me penche vers Inès quand j'aperçois papa et les autres qui, ayant aperçu l'accident, arrivent en courant.

Le même cri angoissé que le mien échappe à papa. Il se penche vers Inès et écoute son cœur: «Il ne bat plus", murmure-t-il, désespéré. "Oh,Inès, tu ne vas pas me faire ça ?"

Des larmes ruissellent sur nos joues, des sanglots me barrent la gorge.Papa retrouve son sang-froid et décide de faire le bouche-à-bouche.Marie-Hélène,qui assiste aussi à la scène, propose de le relayer. D'unhochement de tête, papa acquiesce.

Elle s'approche alors d'lnès et continue pendant un quart d'heure à tenterla réanimation par des gestes précis, inlassablement. Soudain, Inèssemble respirer et se réveiller d'un long sommeil. Un éclair d'espoirjaillit sur tous les visages; Marie-Hélène continue les mêmes gestes,ranime Inès peu à peu. "Je crois qu'elle est sauvée", déclare-t-elle.

En effet, bientôt, Inès&emdash;qui paraît revenir d'un autremonde&emdash;soulève un peu son corps. Papa la prend doucement dansses bras et la porte jusqu'à la "Land Rover". Nous suivons sans unmot, mais notre anxiété a fait place à la reconnaissance : Inès estsauvée!

Véronique 14 ans


pied de page
Ferme Equestre de Bois Guilbert
1001 route d'Héronchelles 76750 Bois Guilbert (Haute-Normandie)    -    tél : 02 35 34 42 51
poney-club - ferme pédagogique - Colonie poney - classe découverte - collège Equestre - gîte de groupe
Ecole Française d'équitation affiliée à Bienvenue à la Ferme et à Gîtes de France