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Bienvenue à la Ferme Equestre de Bois Guilbert


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le premier sourire d'Hélène

Lebruit d'une vieille deux chevaux cahotante qui arrive devant le perronattire l'attention de maman qui coud dans le salon. Comme papa, sur songros tracteur, laboure pour semer l'avoine, elle accueille lesvisiteurs à sa place. Thierry l'accompagne.

Unmonsieur et sa petite fille sortent de la voiture. Thierry les observe.Ils ont I'air triste, le monsieur surtout. Il a une bonne moustachebrune, sa casquette est bleu marine, celle des ouvriers agricoles. Songros nez ferait bien rire, si l'on ne voyait pas ses yeux tristes etses sourcils un peu levés.

Il se présente à maman d'une voix basse et avec un gros accent allemand.

"Je suis ouvrier dans une ferme à 50 km d ici, nous sommes venus voir les poneys."

Thierry court déjà avec Hélène, la petite fille de huit ans, vers les jeunes poneys qui sont à côté.

Maman et le monsieur les suivent. Ils parlent de la gentillesse, du caractère de ces petits animaux si jolis.

Quandils arrivent à la barrière du champ, alors, quel merveilleux spectacleles attend ! Hélène avait couru vers un joli poney noir d'un an et lecaresse mainte¬nant, lui parle à l'oreille, lui donne un morceau desucre. Le poney l'avait regardée arriver craintif, mais maintenant, ill'observe d'un œil attendri en croquant les friandises qu'elle luioffre.

Thierry avait été à un autre poney qu'il aimait bien.

Le monsieur regarde cette scène avec attendrissement. Des larmes coulent sur ses joues ridées par le dur labeur.

"Je voudrais vous dire, vous avez sûrement remarqué mon accent ? —Oui,vous êtes Allemand, sans doute ? —C'est cela, pendant la guerre,j'avais été prisonnier en France, j'ai beaucoup souffert, j'ai frôlé lamort plusieurs fois. La guerre finie, je suis resté dans ce pays car jel'aime bien malgré tout, et je me suis marié. Je pensais que tous mesmalheurs étaient finis, mais nous avons eu beau¬coup de chagrin, mafemme et moi, lorsqu'il y a huit ans, le docteur nous a annoncé quenous n'aurions jamais d'enfants. Alors, nous avons adopté Hélène.

"Mais cela fait huit ans qu'elle a toujours l'air triste, jamais unsourire. C'est peut être de nous voir continuellement malheureux. C'està peine si nous pouvons vivre à l'aise. Nous n'avons jamais pu acheterla télévision car nous n'avons pas assez d'argent. Cette voiture quej'ai, on me l'a donnée.

"Mais je voulais voir ma fille sourire , être heureuse. Je ne savais pascomment faire. C'est alors que j'ai vu cet article sur vous et lesponeys dans le journal et je me suis dit: "Voilà ce qu'il faut à mafille. Avec un poney, elle sera heureuse, car elle aura un ami quil'aimera.

"Alors, depuis trois ans, avec ma femme, nous économisons pour acheterun poney. Nous nous privons de beaucoup de choses. Et je suis venuaujourd'hui, car j'ai pensé que nous avions assez d'argent maintenant.
"Cela me fait tellement de joie de voir ma fille sourire à ce poney pour la première fois. C'est pour cela que je pleure."

Maman avait regardé le monsieur avec beaucoup de bonté. Elle lui dit: "Ce poney, je vous le vends, voilà son prix..."

MaisThierry ne peut entendre le prix; ce qu'il voit, c'est que le monsieurbaisse la tête lourdement, très triste, et il dit d'une voix encoreplus grave que tout à l'heure: "Nous n'avons économisé que la moitié."

C'esttout ce qu'il dit. Il est trop peiné de voir sa fille si joyeuse à côtéde ce poney et qui, bientôt, perdra de nouveau son si joli sourireencore jamais découvert.

Maman comprend et un grand élan de générosité l'envahit. Elle voudrait faire plaisir à cet homme.

"Bon, je vous le laisse pour la somme que vous avez."

Alorsquelle joie sur le visage de cet homme. Toute sa figure rayonne. "Ohmadame, comment vous remercier ?" Thierry, pour la première fois, voittant de joie chez un homme.

Hélènen'avait rien entendu de cette conversation et continuait à sourire àson poney à lui parler, à le caresser. Thierry court à elle et, tout enjoie, lui dit: "Il est à toi ce poney." Hélène arrête alors de lecaresser. Elle se demande ce qui se passe. Elle croyait qu'une fois lavisite terminée, elle repartirait seule avec son père.
Maisnon, maintenant elle voit Thierry prendre le poney et suivre lesparents qui repartent. Puis le petit poney est monté derrière dans ladeux chevaux qui s'abaisse d'un seul coup sous le poids.

Hélène,remplie de joie, va alors embrasser son père. Tous deux sont heureux,tout cela grâce à un petit poney qui ne sait peut être pas ce qui sepasse et attend sagement dans la voiture.

Olivier, 17 ans


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