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La vie de Julie

(extrait du livre "PONEYS" de Louis de Pas édition Robert Laffont)

4ème épisode : Mon premier hiver à Bois-Guilbert

Nous étions bien tombées. Bijou et Mandy étaient d'accord avec moi. A entendre les histoires du pays que nous racontaient les veaux du fermier voisin par-dessus la haie, notre nouveau maître, le grand type, avait vendu toutes ses vaches pour nous acheter. On disait qu'il était à moitié fou, que les poneys ne donnaient pas de lait!

En quelques semaines, nous étions toutes retapées, tant l'herbe était encore riche malgré la saison tardive. Notre beau poil d'hiver avait fini de pousser. La nature nous donne chaque année ce gros manteau de fourrure pour nous protéger du froid et de l'humidité. Notre longue crinière et l'épais toupet de crin qui nous cache la tête, dont tout le monde se moque, nous servent de parapluie quand il pleut ou qu'il neige. Notre queue épaisse et très longue est bien utile et empêche les courants d'air. Lorsque le vent souffle violemment, nous nous mettons la croupe opposée au vent et à la pluie, en faisant le gros dos. La tête basse, nous restons immobiles des heures s'il le faut et vous pouvez venir regarder: après la pluie, sous notre poil, notre crinière et notre queue, nous sommes aussi sèches que des canards dans l'eau.

Bref, tout cela pour vous dire que nous pouvons rester dehors. Cela nous fait bien rire quand on veut nous faire rentrer sous un hangar comme les veaux. Nous en avons vu d'autres, notre résistance est sans limite, héréditaire, mais nous apprécions les abris naturels, rochers, talus, bosquets, arbres, vous nous y verrez toujours les jours de mauvais temps.

Mais je parle toujours de nous, excusez-moi, j'avais commencé à vous dire que nous n'étions pas si mal tombées, c'est vrai. Après l'affolement du début, l'inquiétude de savoir où l'on pose ses sabots, avec quelques mois de recul, je puis vous rassurer pleinement. Tout va bien. J'avais entendu dire que certains galopins nous piqueraient les fesses avec des aiguilles pour nous faire avancer plus vite, ici ce ne sera certainement pas le cas.

Ce grand type dont je vous ai parlé si souvent est en réalité un fermier normand. Il doit bien nous aimer pour nous avoir achetées avec tout l'argent de ses vaches! Alors appelons les hommes par leur nom à partir de maintenant puisque je le connais je l'appellerai "Grand Louis".

Il fallut toute la gentillesse de nos nouveaux maîtres pour nous mettre en confiance. Que voulez-vous, notre sauvagerie est en nous depuis des siècles, ce n'est pas facile de devenir civilisées, il nous faut du temps à nous autres poneys. Moi, j'ai eu le coup de foudre pour Thierry. Je sens que mes amies vont trouver leur bonheur avec ses frères et soeurs, ils ont l'air tellement gentils que je pense que nous allons être les poneys les plus heureux de la terre.


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